Je vais être honnête : ces derniers mois, l’IA me saoulait.
Pas l’IA. Ce qu’on en dit. Des newsletters, des threads, des posts, des articles qui commentent des articles qui commentent des posts. Du bruit, partout. Tout le monde se commente. Et moi, au milieu, je lisais beaucoup et j’apprenais peu.
Le pire, c’est ce que je ratais. Les vrais papiers. Les vrais rapports. Les vraies tendances de fond, celles qui se voient dans ce que les labos, les chercheurs et les régulateurs publient eux-mêmes. Je passais à côté. Et quand je tombais dessus, trop tard, je ne savais jamais quel article de presse lire plutôt qu’un autre, quel résumé était le bon, quelle synthèse valait mes vingt minutes.
C’est de l’écho. Et l’écho, ça ne s’apprend pas.
Alors j’ai fait mon propre blog. Celui que j’aurais aimé lire.
Une seule règle : de première main. Rien d’autre.
Chaque jour, la machine regarde ce dont on parle, Techmeme, Hacker News, la presse, les sites des labos et des institutions. Puis elle remonte. Jusqu’à ce que les auteurs ont publié eux-mêmes : l’annonce d’OpenAI sur son site, le papier du chercheur, le rapport de l’institution qui a produit ses propres chiffres, le texte du régulateur, l’interview entière du dirigeant.
Elle dégage le reste. Les levées de fonds. Les annonces de features. Les articles de presse qui résument, si bons soient-ils. Les threads en dix tweets. Tout ce qui est de seconde main.
Ce qui reste, elle le lit en entier. Pas l’abstract, pas le titre : le document. Elle note ce qui est de première main et ce qui compte vraiment. Elle garde les quelques publications qui en valent la peine, écrit l’article, le classe, le traduit en quatre langues, et met le lien vers l’original pour que vous puissiez vérifier.
Chaque jour. Sans moi (ou presque).
Un curseur, du rail au jugement.
Un curseur, du rail au jugement.
Tout ce qu’on peut confier à une IA se place sur un curseur.
D’un côté, le rail : des étapes claires, les unes après les autres, le même résultat à chaque passage. C’est le déterministe.
De l’autre, le jugement : ce qui mérite d’être lu, ce qu’il faut en retenir, comment le dire. C’est le non-déterministe, et c’est là que ça craque.
La veille, quand on la regarde de près, est beaucoup plus à gauche qu’on ne le croit. Trouver la source d’où part une actualité, c’est une chaîne de liens à remonter, un auteur à identifier, une date à vérifier. Trier ce qui est de première main de ce qui commente, c’est un travail de désambiguïsation. Il y a une part de jugement, je ne vais pas faire semblant. Mais pour l’essentiel, une machine peut le faire. Et le faire pareil tous les jours.
Et c’est précisément parce qu’elle pré-mâche tout ce qui est déterministe qu’elle laisse à l’humain mettre le poids du corps là où il est le plus doué : le goût, le jugement. Quand la machine a remonté les liens, vérifié les dates et écarté l’écho, on peut enfin se faire un vrai avis.
Parce que désambiguïser, ce n’est pas un détail avant le jugement. C’est son préalable. On ne juge pas ce qu’on n’a pas su distinguer. Et nous vivons dans un tel monde de bruit qu’avant de juger quoi que ce soit, avant d’analyser quoi que ce soit, il faut dépolluer. Aujourd’hui, demain, à peu près tout le temps.
Ce bruit, l’IA le fabrique à une échelle qu’aucun humain ne peut plus trier. Je n’y crois pas, en tout cas pas seul. Alors voilà ce que je pense : les premiers outils qu’on devrait construire avec l’IA sont des IA qui dépolluent ce que produisent les autres IA. Pas des machines qui génèrent plus. Des machines qui discriminent. Qui remontent à la source au lieu de la diluer. Qui détectent l’écho au lieu d’en ajouter. Si on a quelque chose d’intelligent à confier à l’IA, c’est ça : nous rendre capables de distinguer, dans un monde où elle nous en a retiré le temps.
Le jugement viendra après. Il y a un préalable, et c’est à ce préalable que je m’attaque : le parcours le plus déterministe qui existe dans la veille, écrit dans un workflow, et confié à un agent.
Le paradigme à fond, pas à moitié.
Là où je ne suis pas d’accord avec beaucoup de monde, c’est sur la manière d’expérimenter.
On voit partout des essais timorés. L’IA « augmente l’humain », comme on dit : elle propose, il corrige, elle reformule, il valide. Et au bout du compte, personne ne sait ce que la machine sait faire seule, parce qu’un humain a repassé derrière à chaque étape. Garbage in, garbage out, avec une couche d’assistant par-dessus.
Moi, je préfère épouser le paradigme complet. Une IA autonome qui fait tout, toute seule. Et moi qui observe.
C’est une expérience d’aquarium : on met les poissons, on ne touche pas à l’eau, et on regarde comment ils se comportent. Ici, on regarde un média se faire sans rédaction. Je suis le moins présent possible. Je note précisément ce qui craque, ce qui lâche, où et pourquoi. Une source mal choisie, un commentaire pris pour une source, une interprétation trop hardie, un chiffre qui n’existe pas. Ça arrivera. Quand je le verrai, je le dirai ici, et je corrigerai les rails plutôt que l’article.
Parce que c’est comme ça qu’on apprend où mettre les escalades. Pas en les mettant partout par précaution, mais en voyant exactement où la machine a besoin d’un humain. Et où elle n’en a pas besoin du tout.
Et puis j’ai déroulé le fil.
Parce qu’une fois que le blog tournait seul, une question s’est imposée : jusqu’où ça va ?
Si la machine sait remonter aux sources de l’IA, elle sait remonter aux sources de n’importe quoi. La mobilité. La banque. L’énergie. Le sujet de veille de votre entreprise, quel qu’il soit. Et si un média peut s’auto-alimenter, alors ce n’est plus un blog, c’est un paradigme éditorial. Autant aller au bout.
Alors j’ai imaginé l’offre qui va avec.
Pour vous : un compte gratuit qui ouvre toute la semaine, et vous laisse essayer la machine sur trois liens à vous. Un papier, une interview, un rapport, et vous voyez ce qu’elle en fait. Pour ceux qui veulent tout, l’archive et la machine à volonté, une offre Pro, avec un prix fondateur pour les cent premiers.
Pour votre entreprise : un espace à votre nom. Vous définissez vos angles de veille. La machine chasse, remonte aux sources, lit, résume, et alimente votre sélection, à côté de la sélection officielle. Vos curateurs ajoutent leurs propres liens, l’IA les traite pareil. Vos collaborateurs lisent tout, en entier, dans la langue de l’espace. Avec votre logo, et l’escalade vers vous quand ça dérape.
L’espace est ouvert en pilote. Si vous vous demandez ce que ça donnerait sur vos sujets, répondez à ce mail avec votre secteur : je fais tourner la machine dessus une semaine, et je vous envoie ce qu’elle a trouvé.
C’est live. À vous.
Les articles du jour se lisent en entier, sans compte.
Testez. Cassez-le. Dites-moi ce qui manque, ce qui est faux, ce qui vous a fait lever un sourcil. Dites-moi aussi si, en une semaine, vous avez lu moins et appris plus. C’est le seul critère qui m’intéresse.
On voit jusqu’où ça va 👓



